2 December 2018

 

ALGER-Le ministre de l'Energie, Mustapha Guitouni, a affirmé mardi à Alger que les infrastructures pétrolières seraient dotées d'énergies renouvelables d'ici à 2030 et ce, dans le cadre du programme de généralisation de l'application de l'efficacité énergétique au niveau des  infrastructures.

"L'Algérie aspire à réaliser un projet ambitieux pour le développement des énergies renouvelables en garantissant une production de 22.000  mégawatts  à l'horizon de 2030 ce qui permettra la ouverture de 80% des besoins des sites pétroliers outre le préservation des hydrocarbures pour assurer des postes d'emploi", a indiqué le ministre lors d'une conférence de presse organisée au niveau de l'Assemblée nationale populaire (APN) en marge de l'audition du ministre par la Commission des affaires économiques, du développement, de l'industrie, du commerce et de planification.

A ce propos, le ministre a fait savoir que ce programme avait été mis en oeuvre pour produire, dans une première étape, 400 mégawatts à travers l'énergie solaire, répartis sur les régions des Hauts Plateaux et du Grand Sud dont la centrale hybride de Hassi R'mel qui fonctionne par gaz et énergie solaire". 

Selon M. Guitouni, l'Algérie a enregistré une demande croissante en matière d'énergie ces dernières années soit un taux de croissance de 6% ce qui exige, a-t-il précisé, le développement des énergies renouvelables et la généralisation de l'efficacité énergétique.

Rappelant que la Commission de régulation de l'électricité et du gaz (CREG) a lancé un appel d'offres national par voie de mise aux enchères au profit des opérateurs nationaux et étrangers, le premier responsable du secteur a assuré que le secteur engagerait "prochainement" la production de 200 mégawatts.  

"A l'horizon de 2030, les infrastructures pétrolières seront dotées d'énergies renouvelables" a t-il-révélé, ajoutant que "2.000 mégawatts seront produits d'ici 2020".

Par ailleurs, M. Guitouni a souligné que le secteur visait la mise en oeuvre des programmes de maitrise et de rationalisation de l'énergie, d'un montant de 218 milliards de dinars à travers la généralisation de l'application de l'efficacité énergétique au niveau des infrastructures et des foyers. 

Le secteur s'attèle à intégrer différents secteurs, tels que l'Habitat, le Transport et l'Industrie dans le programme d'efficacité énergétique pour réduire la demande sur les produits énergétiques et protéger l'environnement.

Par ailleurs, en réponse aux questions de la Commission, le ministre a évoqué les investissements de l'Etat en matière de distribution de l'électricité et du gaz, estimés à 42 milliards de dollars entre 2005 et 2017, outre l'établissement d'un programme de réalisation de 8 centrales électriques pour augmenter la production à 25.000 mégawatts à l'horizon de 2025.

Ces investissements ont permis l'augmentation du taux de raccordement en gaz de 60% en 2000 à 62 % actuellement, ainsi que l'augmentation du taux de couverture en électricité à 99% avec une capacité de production de l'électricité de 19.000 mégawatts.

En outre, ces investissements ont permis le raccordement en gaz de près de 1,7 millions de logements et le raccordement en électricité de 260.000 nouveaux logements en 2010, avec un coût de plus de 300 milliards DA, en sus du raccordement d'un (01) millions de logements en gaz et 222.000 nouveaux logements en électricité dans le cadre du quinquennal 2010-2014 avec un montant de 280 milliard DA.

Dans le cadre du programme complémentaire en cours de réalisation, une enveloppe de 79 milliards DA, dont 59 milliards DA participation de l'Etat, a été allouée à la réalisation d'autres projets.

Ainsi, la capacité de production à augmenté de 71 térawatt/heure à la fin 2017 contre 24  térawatt/heure à la fin 1999 et l'élargissement du  réseau de transport et de distribution de l'électricité et du gaz à 350.000 km pour l'électricité et à 120.000 km pour le gaz.

Le secteur poursuivra ses efforts pour fournir le gaz et l'électricité aux citoyens avec un investissement de 20,4 milliard dollars pour la période allant du 2018 à 2022, dont 41% pour le renforcement des capacités de production de l'électricité outre la couverture du territoire national à 100% et l'augmentation du taux de raccordement en gaz à 70%, a ajouté M. Guitouni.

Concernant les stations de dessalement de l'eau de mer, le ministre a révélé que deux stations de dessalement de l'eau de mer avec une capacité de 300.000 m3/jour chacune seront réalisées à moyen terme, la première à El Tarf et la deuxième à Tipasa.

Dans le cadre de la mise en oeuvre de l'infrastructure accompagnant du projet de "phosphate", une station de dessalement de l'eau de mer sera réalisée à Guerbaz (Skikda) avec une capacité de 70.000 m3/jour et un coût de 12 milliards DA.

 

-- Les prix du carburant en Algérie, bas par rapport à plusieurs pays --

 

Guitouni estime que les prix du carburant en Algérie restent les moins élevés par rapport à de nombreux pays, rappelant que le gouvernement avait institué des hausses dans les prix du carburant dans le cadre des lois de finances 2016 et 2017, ce qui a permis la rationalisation de la consommation.

Le marché national a connu une augmentation dans la consommation des produits pétroliers qui est passée de 8 millions de tonnes/an en 1999 à 18 millions de tonnes/an en 2018, soit un taux annuel de 5 %. Une hausse de la consommation a été enregistrée également durant les neuf derniers mois de 2018 suite à la baisse de la consommation durant 2017.

Le ministre prévoit par ailleurs une stabilité de la consommation en carburant en parallèle à une hausse de la consommation "Sirghaz" en raison de son prix bas et des avantages approuvés par le gouvernement pour promouvoir l'utilisation du gaz de pétrole liquéfié (GPL).

Le secteur oeuvre à promouvoir l'utilisation du gaz naturel liquéfié (GNL) pour réduire la consommation en carburant. Ainsi, 100.000 véhicules ont été convertis au GPL en 2018 en attendant la conversion de 500.000 autres d'ici 2020 et 1 million de véhicules à l'horizon 2030.

2440 stations de service ont été réalisées jusqu'à 2018 dont 758 stations dotées de distributeurs de Sirgaz et 29 stations répondant aux normes internationales ont été érigées au niveau de l'autoroute est-ouest.

Selon le ministre, le secteur privé a investi le domaine du stockage et de la distribution du carburant et des huiles avec 15 opérateurs privés activant dans le remplissage et la distribution de Sirgaz et près de 250 opérateurs privés dans la distribution des huiles et de l'asphalte.

Sponsors